Ogni comportamento, ogni gesto, ha la sua importanza per combattere la miseria e l'esclusione. Esistono diversi modi di agire, qualunque siano le nostre competenze e disponibilità. Questi messaggi, queste testimonianze, sono tanto l'espressione di un impegno personale quanto di uno collettivo. Non esitate ad apportare il vostro contributo.

Le testimonianze sono pubblicate sotto la responsabilità dei loro autori. Verranno pubblicate solo se rispettano nella forma e nel contenuto lo spirito della giornata, cosi come viene definito nella Plateforme pour le 17 octobre.

Le logement, le travail, la discrimination dans la précarité

Journée mondiale du refus de la misère 2017, Genève, Suisse

Logement.

Bonjour, je m'appelle Alexandre, j'ai 30 ans, je suis de nationalité Suisse et Française. Ça fait depuis 2014 que je vis en Suisse. Je n'avais ni papiers français ni papiers suisses.

Comme je ne suis pas genevois, je devais attendre 2 ans avant de m'inscrire sur la liste des logements de la ville. Quand j'ai pu enfin m'inscrire, le 1er janvier 2017, on m'a mis sur une liste d'attente de 2 ans de plus.

Quand je suis arrivé à Genève, j'ai dormi dans la rue et dans les bunkers de la protection civile. J'ai ensuite été logé par l'hospice général dans un hôtel social. Par la suite, j'ai de nouveau vécu dans la rue. L'Hospice général me demandait de trouver un logement ou un hôtel, mais ils ont refusé de me payer un foyer que j'avais trouvé dans lequel il y avait pourtant des places. Comme je suis marié et que ma femme a un logement, ils ont refusé sous prétexte que je devais habiter avec ma femme. Mais ce n'était pas possible d'habiter avec elle car elle habitait elle-même dans une résidence-hôtel. J'ai donc dormi dans la rue pendant plusieurs mois. Je me suis fait voler mes papiers en dormant dans la rue, j'ai attrapé une pneumonie. Je me faisais expulser par la police et les agents de l'aéroport, je n'avais aucun endroit où aller. A cette saison, les bunkers de la protection civile n'étaient pas ouverts, ils sont ouverts seulement de novembre à avril. Pourtant, durant les autres mois de l'année, on a aussi besoin d'avoir un endroit où dormir. Au mois de novembre, l'Hospice Général nous ont placé, ma femme et moi, dans un hôtel. Ils nous mettaient la pression pour qu'on trouve un logement, en sachant qu'à Genève, c'est très difficile de trouver un logement. Ils nous ont dit qu'ils allaient nous mettre à la rue en février 2017 si on ne trouvait rien. J'étais très stressé et en colère par rapport à cette situation. Heureusement, on a fini par trouver un logement 2 pièces, une chambre et une cuisine. Je suis encore actuellement dans ce joli appartement.

Travail.

Je n'ai pas de formation. J'avais entrepris une formation en France dans l'hôtellerie mais je l'ai ratée car je n'ai pas réussi la théorie. Ensuite, quand j'avais 16 ans, j'ai appris le métier de boulanger sur le tas. J'ai travaillé pendant 5 ans dans une boulangerie, puis j'ai fait les saisons dans les vignes, dans des restaurants, j'ai été assistant de comptabilité dans une société de travaux publics, etc. J'ai toujours travaillé jusqu'en 2014. Mais depuis que je suis arrivé en Suisse, je n'ai jamais réussi à trouver un travail. Par le biais de l'Armée du Salut, j'ai entrepris une formation dans un hôtel, mais j'ai du arrêter parce que j'étais fortement sous pression et stressé pour trouver un logement et que j'avais des soucis familiaux.

Je fais régulièrement des recherches d'emploi, j'aimerais qu'on me donne ma chance. Je vais être papa prochainement, et pour le bien du bébé, il est très important que ma situation au niveau travail s'arrange. En plus, je suis d'une nature très serviable, et j'ai vraiment envie de trouver une occupation afin d'être utile aux autres.

Discriminations.

Depuis que je vis dans une situation précaire, je ressens souvent des mauvais regards de la part des gens. Je me sens jugé, et on m'a dit des phrases du type « vous, les personnes à l'Hospice général, vous profitez du système et vous ne voulez pas travailler ». Pourtant, je ne demande qu'à travailler ! D'ailleurs, j'ai travaillé pendant plus de 10 ans dans ma vie. Lorsque je me suis retrouvé pour la première fois dans la rue, ces phrases me touchaient beaucoup. Elles me rendaient triste et je me sentais humilié. Un simple bonjour m'aurait fait très plaisir et m'aurait remonté le moral. A force de d'entendre ces phrases, j'ai appris à ne plus y faire attention. Mais j'aimerais pouvoir me construire une situation de vie propice à élever mon enfant, sans qu'il n'ait à subir des préjugés. Cet aspect m'inquiète, car mon enfant, comme tout autre enfant, ne mérite pas cela.

J'aimerais que la population en général prenne davantage conscience des problèmes liés à la précarité afin de mieux comprendre nos situations. Il faudrait que nous ayons davantage d'occasions de nous rencontrer et d'échanger.

Alexandre

Alexandre